dimanche 26 février 2012

DEROUTE DE L’ESPOIR

A travers la froideur d’un fin rideau de brume
J’ai perçu la douceur des rayons du soleil
Qui réchauffent les corps engourdis de sommeil
Et narguent en riant chaque maison qui fume.

Dès le petit matin, aussitôt le lever,
J’ai senti sur mon cœur un voile de tristesse
Et je me suis enfuie dans un élan d’ivresse
Vers un havre perdu où j’espérais rêver.

Je me suis enfoncée dans l’immense marais
Où mes pas incertains ont daigné m’emporter ;
Brisée par un fardeau trop lourd à supporter
Je me mis à haïr ce qu’hier j’adorais.   

Voulant à tout jamais rompre avec mon passé,
Ne trouvant nulle part le repos espéré,
J’ai vite abandonné ce lieu pestiféré
Où lasse de la vie je n’ai point trépassé.

J’ai alors écourté ma douloureuse errance
Et m’en suis retournée au lieu de mon naufrage ;
Dans mon cœur ulcéré j’ai fait naître l’orage
Dont je ressens souvent la cruelle puissance.

Mon esprit aujourd’hui est toujours en déroute :
Songeant avec effroi au destin qui m’attend,
Je devine déjà les signes menaçants
Qui, me privant d’espoir, me plongent dans le doute.

Mais avant que ma peur savoure sa victoire
J’ai senti tout à coup mon âme s’enflammer :
J’ai rêvé d’Apollon venu me ranimer,
D’une source d’amour où demain j’irai boire.

Du fond de ma prison j’attendrai vaillamment
Tout en imaginant chaque instant de ce jour
Où germera en paix le nectar de l’amour,
Où mon cœur s’ouvrira à de doux sentiments.

                            24 Novembre 1968

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