Insatiable bourreau de ma douce forêt,
Toi qui répands son sang sur le sable d’or fin,
N’as-tu donc point pitié de ses bois éplorés
Qui n’hébergeront plus mes amis en leur sein ?
Je n’irai plus rêver sous l’accueillant ombrage
Des arbres généreux au séduisant feuillage,
Je n’y entendrai plus le vigoureux ramage
Qui emporte l’esprit vers de spacieux rivages.
Géants au tendre cœur, refuges complaisants,
Qui pourra vous venger de ce terrible outrage ?
Ma peine est infinie car ce temple imposant
Bientôt ne sera plus qu’un fragile mirage.
Je ne répondrai plus à l’appel sibyllin
Des muses évincées de ce lieu profané ;
Lorsque s’accomplira le tragique destin
Je verrai ma forêt à jamais condamnée.
Mais rien dans l’immédiat ne pourra remplacer
Ce paisible bonheur doux comme un arc-en-ciel :
Et si je trouve un jour l’amère panacée
Je cacherai mes plaies sous un onguent de fiel.
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